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___Je regardais avec amusement ma mère s'affolait en plein milieu de l'aéroport, car je n'avais, d'après elle, pas assez déjeuné ce matin.
___Elle n'avait décidement pas changé avec les années, toujours aussi protectrice et angoissée. Elle a toujours été ainsi, lorsque j'étais plus jeune, c'est à dire lorsque j'étais une enfant, si par malheur je tombais et qu'une goûte de sang, aussi petite soit-elle apparassait, elle se ruait sur le téléphone et s'empressait de composer le numéro des urgences si mon père n'était pas là pour la calmer et la retenir. Aujourd'hui je n'osais même pas imaginer la peur qui devait la terasser à la simple idée de me laisser partir, de me laisser vivre par moi-même, et de ne plus pouvoir surveiller mes faits et gestes. Elle m'avait assez épié lors de mon existance auprès d'elle, mais je ne lui en voulais pas, elle m'aimait, simplement...
Ma mère ne tenait pas en place, ces cheveux courts et bruns se balançaient à mesure qu'elle gigotait. Il était concretement impossible de la rassurer, et pourtant j'avais beau essayer de la calmer elle ne faisait que répéter que c'était beaucoup trop tôt, que j'étais beaucoup trop jeune pour voler de mes propres ailes. A vrai dire, je n'avais pas le courage de la contredire, c'est pourquoi je me contentais de simplement dévier la conversation.
___A force de persuasions et de multiples menaces ma mère avait obtenu le droit de m'accompagner en salle d'embarquement- ma mère peut être très persuasive. La salle était ornée de fenêtres donnant sur l'exterieur, nous laissant apercevoir les bolides aériens. Nous nous assîmes près de la porte d'embarquement de mon vol, la vingt et une. Ses mains tremblaient , et sa voix témoignait de la tristesse qui la térassait. Elle glissa ses doigts dans ma mèche brune, découvrit mon front, et la replaça derrière mon oreille.
-Je ne me fait décidement pas à l'idée que tu grandisses, marmona-t-elle.
- Je n'allais tout de même pas rester une enfant indéfiniment.
- Si seulement... Si tu le souhaites tu peux toujours reculer ton départ, ça peut attendre quelques mois. Sa voix était imprégnait des larmes qu'elle s'efforçait de retenir.
- Je ne veux pas reculer, je n'ai pas le droit de faire ça, je n'ai pas le droit de lui faire ça. Et puis, il est temps que je vive par moi-même et non à travers toi. Je dois me construire, je dois batîr ma vie. Elle baissa les yeux de deception. Ne t'en fais pas, je vais m'en sortir, ce n'est pas si compliqué de vivre. Je lui souris, tentant vainnement de l'influencer à faire de même.
- Mais tu es si jeune Angie, peut-être trop. Surtout pour reprendre la maison de disque de ton père, en perdission depuis sa mort. Il est mort il y a seulement six mois, tu n'es pas prête à vivre tout ça. Je trouve que ça fait un peu trop pour tes frêles épaules. Comme à son habitude, son anxieté lui faisait perdre toute confiance en moi. Cela me mettait hors de moi, mais je me devais de la comprendre. J'étais tout ce qu'il lui restait, mise à part Thomas, son nouveau mari.
- Pour une fois dans ta vie, cesse de t'inquieter autant et fais moi confiance.
Délicatement je pris sa main, et pour la deuxième fois lui souris. Ma peur était sûrement trois fois plus importante que la sienne, mais je ne pouvais que lui cacher, je devais la préserver, elle avait assez de mal à me laisser partir comme ça. Une voix retentit dans la salle invitant les passagers du vol en direction de Londres à rejoindre l'avion. Instinctivement ma mère me prit dans ses bras.
- Tu ne peux pas t'imaginer à quel point tu vas me manquer, murmura-t-elle. Des larmes chaudes dévalèrent ses joues et venirent s'échouer sur mon épaule.
Je me retirais de ses bras, tout en lui embrassant la joue.
- Toi aussi tu vas énormement me manquer. A bientôt, et ne fait pas trop de bêtises, lui ricannais-je faussement.
___J'avais mal, ça me désolait de me rendre compte de l'impact de ma decision sur elle. Mais ça ira mieux, dans quelques semaines, elle s'y fera, je n'en doute pas. Du bout de mon pousse, j'essuyai une larme, tout en lui faisant un signe de la tête. Je pris mon sac par la bandoulière, et tournit avec difficulté les talons. Il fallait que je parte avant d'en venir à regretter mon départ. Je ne me retournis pas une seule fois pendant l'embarquement, et m'éloignai rapidement d'elle dans le couloir me conduisant à l'avion. Celui-ci était casiment plein. Je me dirigeai vers la place indiquée sur mon billet, mon siège se trouvait près d'une des deux allées. Je m'assis et pausai mon sac à main à mes pieds. Je fermai les yeux, inspirant bruyament.
Dans quelques heures, je saluerai l'inconnu.